Les dressages et les expositions

Le chien de race a une existence officielle qu’un certain nombre de formalités, de précautions et d’incitations tend à authentifier, à protéger et à encourager. Ces actes administratifs sont placés sous le contrôle d’un organisme unique, la Société centrale canine. Fondée en 1822, et reconnue d’utilité publique en 1914, cette société regroupe toutes les sociétés régionales et tous les clubs spécialisés. Avec les sociétés de vingt-cinq autres pays elle est en outre affiliée à la Fédération cynologique internationale.

exposition

Mais, directement ou indirectement, la Société centrale canine réglemente aussi tout ce qui concerne l’existence officielle des chiens de race. C’est pourquoi, vous ne devrez jamais hésiter à vous adresser à elle : elle vous aidera à résoudre tous les problèmes qui peuvent se poser, notamment à propos du dressage et des expositions.

Le dressage

Le dressage véritable, qui est l’affaire de spécialistes, peut être considéré comme la base du sport canin dont les expositions sont le couronnement. Mais le dressage du chien commence jeune: l’éducation du chiot et un dressage élémentaire et familial peuvent contribuer à préparer des champions, si la nature le leur permet.

Le dressage élémentaire

Ce dressage succède immédiatement et progressivement à l’éducation du chiot ou du très jeune chien en ce qui concerne la propreté, la marche en laisse, le respect des meubles et le rappel. Si ce dressage est progressif et bien conduit, les réprimandes, les corrections et les punitions ne devront pas être très sévères : le chien est, en effet, remarquablement perfectible. Mais ce dressage doit être constant et journalier.

Les pleines possibilités d’apprentissage du chien se situent entre un an et dix-huit mois. Elles reposent évidemment sur son obéissance atavique. Il ne faut pas oublier cependant que cette obéissance varie selon les individus; le dressage pourra être aisé ou difficile. D’ une manière générale, ne demandez au chien que ce qu’il sait faire, selon ses aptitudes raciales. Sa progression intellectuelle est capricieuse : elle vous obligera à beaucoup de patience et les répétitions fréquentes sont recommandables si elles sont faites avec la même égalité d’humeur. Ce premier dressage ne commencera jamais avant six mois.

Avant cet âge, le chien risque de s’embrouiller et de devenir craintif ou méchant par réaction contre l’impossibilité temporaire de se concentrer. La fantaisie des jeunes chiens est bien connue.

Le chien semble assimiler le dressage au jeu mais il est souvent nécessaire d’endiguer cette propension à jouer pour qu’il puisse disposer de toute la concentration dont il est capable. Les commandements doivent être fermes mais brefs. Ils ne doivent jamais être proférés à voix exagérément haute et ils doivent toujours émaner du maître. Pendant cette période, et surtout s’il s’agit d’un chien de garde, il ne faut pas laisser les personnes étrangères caresser ou commander le chien. Lorsqu’on exige d’un chien un certain exercice, il ne faut pas passer à un autre avant qu’il ait exécuté parfaitement le premier. Une certaine progression chronologique est nécessaire.

dressage

Il faut habituer le chien aux bruits, aux dangers apparents, lui donner confiance et non le rendre craintif et peureux en espérant à force de brutalité une acclimatation immédiate. Il est plus facile pour le maître de «penser chien» qu’à celui-ci de «penser homme» et d’absorber d’un seul coup le monde de l’homme.

Premières leçons : le rappel.

Ces premières leçons seront quotidiennes; elles dureront une demi-heure environ.

Il s’agit de faire revenir vers son maître le chien qui s’éloigne. Vous devrez donner cette leçon dans un endroit calme. L’ordre, bref, sera précédé du nom du chien et ne sera jamais modifié : « Médor, au pied! » ou «Médor, ici», etc.

Si le chien n’écoute pas, la meilleure façon de lui faire comprendre est de l’abandonner et de s’éloigner. Il aura toujours tendance à vous rejoindre. En cas d’incompréhension, vous devrez l’attacher au bout d’une corde de dix mètres environ, et l’ordre devra être suivi d’une secousse sèche s’il n’est pas entendu. Une caresse et une petite récompense couronneront la réussite. Lorsque l’on parle de récompense, nous ne parlerons pas d’alimentation que l’on fournit à l’hamster, mais plutôt à une croquette prévue pour le dressage.

Secondes leçons : l’attitude.

Ces leçons dureront également une demi-heure par jour et seront recommencées aussi souvent qu’il sera nécessaire. Elles consistent à faire exécuter au chien les trois positions fondamentales du dressage: assis, couché et dressé. Les ordres, brefs, précédés du nom du chien, sont indiqués par la dénomination de la position.

Assis.

C’est la position la plus importante, car c’est l’attitude dans laquelle le chien montrera le plus d’attention. Il faut d’abord tenir le chien en laisse et tirer de bas en haut sur celle-ci en appuyant sur la croupe. L’ordre : « Médor, assis » est suffisamment bref pour être entendu par le chien.

Couché.

C’est la position la plus difficile à obtenir. Les postérieurs doivent être pliés dans l’axe du corps, prêts à la détente; les antérieurs, allongés sur le sol de chaque côté de l’axe de la tête redressée. Pour parvenir au coucher, il faut partir de la position assise en pressant sur le garrot et en intimant au chien l’ordre : « Médor, couché! »

chien de race

Debout.

C’est la position la plus facile à faire prendre naturellement par le chien, mais elle se complique du fait que le chien assis ou couché au départ de l’ordre, doit bien se relever et rester immobile, debout, et sur place. L’attache à un piquet est quelquefois nécessaire.

A savoir.-

Que le chien prenne la position assise, debout ou couchée, il doit la tenir et n’en pas bouger. Succédant à la notion de rappel, cet ordre sera difficile à faire entendre au chien qui aura, corrélativement, l’envie de rejoindre son maître au son de sa voix. Une légère correction sera quelquefois nécessaire pour faire respecter l’ordre. Cet ordre, « Pas bouger», accompagnera les ordres suivants.

Troisièmes leçons : l’aboiement sur commande.

Ce sont souvent des leçons négligées, bien qu’indispensables si le chien est particulièrement bruyant ou, à l’inverse, exagérément silencieux. La présence d’un chien déjà dressé à cette pratique est souvent nécessaire. En son absence, vous pourrez solliciter cet aboiement en aboyant vous-même et en incitant votre chien à vous imiter.

Il faut récompenser le chien s’il comprend et le corriger légèrement — souvent une simple menace suffit — s’il donne de la voix sans raison apparente.

Les dressages spécialisés

Vous devrez recourir à un spécialiste pour faire de votre chien, et suivant ses aptitudes raciales, un bon chien de garde, un policier ou un pisteur.

Ces dressages, enseignés le plus souvent au sein des clubs * permettent, entre autres, aux chiens de garde de refuser l’appât, aux chiens policiers de s’accoutumer aux armes à feu, d’attaquer ou de protéger, aux chiens de chasse de devenir d’excellents chiens de rapport ou d’arrêt.

Les expositions

Elles sont organisées sous le contrôle de la Société centrale canine qui délègue ses juges et décerne les prix.

Les chiens sont présentés dans des classes différentes suivant leur race, leur âge, leur élevage.

Les récompenses et les prix d’une valeur relative varient selon le nombre des sujets exposés dans chaque classe. En outre, les chiens primés peuvent obtenir des mentions spéciales qui donnent plus de valeur au prix.

Le certificat d’aptitude au championnat de beauté ou C.A.C. est accordé aux sujets très près de la perfection, qui peuvent prétendre à devenir champions.

Il existe, en outre, des récompenses sur le plan international et le titre de champion international de beauté est le couronnement d’un élevage.

Tous les clubs et la Société centrale canine  peuvent vous donner les détails concernant les expositions, si vous désirez y présenter votre chien.