Le chien et les autres animaux

En présence d’espèces différentes de la sienne, et notamment du chat, lé chien n’oublie jamais les liens qui l’unissent à l’homme. Deux attitudes se superposent en lui et parfois même s’affrontent : l’une qui ne met en jeu que ses instincts, l’autre qui fait appel à des réactions plus complexes où entrent en ligne de compte de véritables sentiments qui vont souvent jusqu’à la jalousie.

Le chien et le chat.

Ils sont classiquement ennemis héréditaires par incompréhension des signes extérieurs des manifestations psychiques. Toutefois, il ne faut pas considérer ces ennemis comme irréconciliables, et nombre de chats vivent auprès de chiens dont ils recherchent l’amitié et réciproquement. Il faut faire preuve de beaucoup d’autorité et présenter l’un à l’autre les deux belligérants en essayant de calmer le chat qui est, en général, le premier à manifester son agressivité.

L’agressivité du chien ne survient que lorsque le chai s’enfuyant peut être mentalement assimilé, par le chien, à un gibier.

A savoir.

Il est préférable que le chien soit plus âgé et premier occupant. Il est plus facile à discipliner, et le chat ignorant son nouveau territoire pensera d’abord à le reconnaître pour pouvoir éventuellement se mettre à l’abri des agressions du chien.

Mais si votre chien accepte volontiers le ou les chats qui vont vivre avec lui, il retrouve, en général, toute son agressivité pour les chats étrangers et vice versa.

Le chien et la basse-cour.

Certains chiens, de chasse en particulier, sont de dangereux ennemis des volailles. Il est difficile, même à force d’autorité, de les empêcher de les tuer. L’arrivée d’un chien dans une maison où se trouve une basse-cour va certainement déclencher l’instinct, inné chez le chien, de tourner en courant autour des volailles pour les réunir.

Le chien et l’homme

Les rapports qui unissent le chien et l’homme commencent seulement à être étudiés dans un esprit d’observation scientifique, et il est probable que les découvertes seront bientôt nombreuses dans ce domaine.

Mais il est vraisemblable également qu’elles ne feront, pour la plupart, que vérifier de très anciennes intuitions qui reposent toutes sur une fidélité et une amitié jamais démenties.

Le chien et son maître.

Les zoopsychologues modernes veulent que le maître soit considéré par le chien comme un supérieur hiérarchique -. « le chef de meute ». Il est certain que quelquefois la propension à mordre d’un jeune chien s’arrête si son maître le mord en réponse.

Sans entrer ici dans des notions de dressage, il est certain que le maître devra avoir sur le chien une grande autorité qui ne doit toutefois pas être le fruit de punitions exagérées.

–              Il ne faut pas punir le chien si on ne le prend pas sur le fait.

–              Il ne faut pas battre le chien avec violence pour éviter d’en faire un sournois qui n’obéira que contraint et forcé.

–              Il ne faut pas oublier de le récompenser et de répondre, en les endiguant, aux manifestations d’amitié qu’il vous prodigue.

–              Il faut faire preuve d’autorité constante et ferme.

–              A l’égard de son chien le caractère de son maître doit être calme, égal.

–              Il faut éviter de donner au chien des occasions de désobéir, de voler ou d’être méchant.

–              L’autorité et les exigences du maître doivent être fonction de l’âge du chien. Il faut être plus exigeant pour un chien adulte que pour un chiot.

–              Le langage du maître s’adressant au chien doit être clair. Les mots et son nom, en particulier, ne doivent pas encombrer sa mémoire. Le ton du langage doit également être très nuancé pour que le chien puisse discerner rapidement réprimandes et félicitations.

Si le chien est bruyant:

il s’agit, en général, d’un chien de petite race ou de race d’agrément. L’aboiement et les gémissements continus sont souvent sans causes véritables. Si vous le changez de milieu il faudra d’abord habituer votre chien aux nouveaux bruits surtout aux bruits des engins motorisés. Cette propension à l’aboiement doit être endiguée très jeune. Elle ne se manifeste que chez les sujets hypernerveux. La solitude, quelquefois mal tolérée, peut pousser le chien à aboyer, voire à hurler. Il faut habituer le chiot très jeune à rester quelques instants seul. Des médications tranquillisantes et hypnogènes à usage infantile sont quelquefois nécessaires.

Si le chien est méchant:

cela correspond à un chien dont les réflexes normaux d’agressivité et de défense sont exagérés. La méchanceté est quelquefois le fait de sujets ayant souffert dans leur jeune âge, et elle constitue alors une réaction incontrôlée et incontrôlable contre la peur. Il faut essayer de remettre le chien en confiance mais cela ne se fait pas sans quelques difficultés. Certains chiens sont naturellement méchants et sournois : dès le jeune âge ils regardent les êtres de côté.

L’irritabilité est aussi quelquefois le résultat d’une consanguinité trop poussée.

Si le chien est sexuellement vicieux :

c’est en général un chien de petite race ou de race d’agrément, particulièrement familier. Cette tendance peut apparaître vers l’âge de la puberté (7 à 8 mois). Elle doit être alors réprimée et la persistance de cette déviation est plus imputable au maître qu’au chien dont il a négligé la première éducation.

Si le chien est jaloux:

cette jalousie, fréquente, est souvent la conséquence de l’introduction dans une maison d’un nouveau pensionnaire ou d’une nouvelle personne auprès de son maître (femme, homme, enfant).

La jalousie peut se traduire par une agressivité, mais il est aussi fréquent de voir des chiens assez âgés, se sentant spoliés, abandonner toute force vitale et se laisser mourir. Il n’y a pas grand-chose à faire : le nouveau venu pourra essayer de s’attirer la sympathie de l’animal par des caresses et des prévenances.

Le chien et le couple.

Lors de la formation d’un couple, il n’est pas rare de voir le chien d’un des membres du couple devenir jaloux de l’autre. En général, beaucoup de compréhension et de douceur, la multiplication des attentions qu’on lui porte viennent vite à bout de ces crises de jalousie.

Si un couple achète un chien, l’affection de celui-ci se portera plus aisément sur l’homme s’il s’agit d’une femelle et sur la femme s’il s’agit d’un mâle.

Il ne faut pas oublier que le chien est naturellement opportuniste. Les ordres et l’éducation du chien, même jeune, devront être faits d’un commun accord et dans le même sens. Les dissentiments des maîtres ne devront jamais retentir sur le chien. Certains chiens contractent l’habitude de fuir le foyer à la suite de mésentente conjugale des deux maîtres.

Le chien et les étrangers.

Il faut considérer que dans l’esprit du chien, toute personne qui enfreint les limites du territoire, c’est-à-dire de la maison de son maître, est un ennemi. Dans ce domaine, l’éducation d’un chien est délicate car elle va à l’encontre de notions ataviques bien ancrées. 11 faudra ne recevoir les visiteurs qu’en maintenant solidement le chien pour lui présenter la personne que vous recevez.

Le chien et l’enfant

Le chien accepte volontiers les enfants dont il devient très vite le défenseur, fût-ce contre ses parents. La faiblesse physique de l’enfant semble inspirer au chien le rôle de chef de meute qu’il a perdu auprès de l’homme adulte. Les grandes races de garde ne sont pas les moins attachées aux enfants; elles le sont souvent plus que certaines races d’agrément qui ne semblent pas les tolérer ; ils leur retirent en effet des manifestations d’affection.

L’enfant très jeune est quelquefois inquiet de la proximité du chien qu’il ne semble pas reconnaître comme un ami. Cette tendance à s’effrayer à la vue d’un chien est rare et peu durable, et il est certain que les désirs des jeunes enfants comptent beaucoup dans la décision des parents d’acquérir un chien.

Sachez interpréter le comportement de votre chien

Privé de parole, sinon de langage, le chien est obligé de s’exprimer par des mimiques variées et très expressives. Moins imperméable et plus expansif que le chat, les « états d’âme» élémentaires du chien vont se manifester de la tète à la queue; ils lui sont particuliers et il faut en connaître les manifestations.

–              La satisfaction et la curiosité, que l’on ne peut séparer de l’attention, se manifestent d’abord par les oreilles qui se dressent (ou qui essaient de se dresser si elles sont molles). L’agitation ou plutôt le frétillement de la queue deviendra plus expressif.

–              La crainte : comme chez le chat, le chien tend à abaisser la queue entre les jambes. La crainte étant un geste de soumission, le cou s’incline vers le sol et les oreilles sont couchées.

–              La colère, la défense et l’attaque correspondant à un phénomène d’agressivité fréquent chez le chien débutent par un raidissement de la queue et des oreilles vers l’arrière. Toute la démarche est tendue. Les babines se retroussent pour découvrir les crocs. La démarche est prudente. Les poils du dos se hérissent sous l’action des muscles horripilateurs. Le chien est prêt à l’attaque. Il ne grogne pas toujours et, s’il le fait, il semble que ce soit pour avertir l’adversaire. Ce grognement n’intervient qu’au début des phénomènes d’agressivité.

–              La faim et surtout la gourmandise sont signalées par la langue. Le chien se lèche les babines.