Le comportement social

L’homme introduit le chien dans une société qui comporte apparemment aujourd’hui beaucoup plus d’éléments que n’en comportait la société primitive dans laquelle s’ébauchèrent et se perfectionnèrent les liens solides qui les unissent. Mais fondamentalement rien n’a changé : le chien est toujours confronté soit à d’autres chiens, soit aux hommes, soit à d’autres animaux et, comme à l’origine, il fait alors appel à deux types bien distincts de réactions, les unes héritées de l’instinct, les autres acquises par l’éducation.

berger allemand

Les chiens entre eux

Quelle que soit leur race et donc leur apparence, les chiens se reconnaissent immédiatement entre eux, malgré la prodigieuse diversification opérée par les éleveurs. Dans ce domaine, leur instinct infaillible les conduit à des attitudes qui sont, partout et toujours, identiques. Mais ces réactions seront profondément différentes selon que la rencontre met en présence des mâles ou un mâle et une femelle.

Le chien et le chien.

Nous n’envisagerons d’abord que le comportement du chien mâle à l’égard d’un autre mâle. «L’âme» des chiens comporte des schémas conceptuels bien nets que l’on pourrait étiqueter facilement du nom d’instincts, bien qu’il s’agisse là d’une reconnaissance immédiate, innée, n’entraînant pas obligatoirement une action simultanée.

Le salut des chiens

Il est instinctif. Dès qu’un chien — le vôtre par exemple — a reconnu un autre chien, il se raidit, tire sur sa laisse pour le rejoindre après quelques instants d’observation. S’ils sont libres de part et d’autre, ils vont se précipiter l’un vers l’autre, s’immobiliser à faible distance l’un de l’autre en faisant saillir leurs muscles et en se raidissant pour en imposer chacun à son congénère. Il ne s’agit encore que de jeu mais la rencontre, tout en restant amicale, va se continuer par un reniflement nez à nez, puis par un examen olfactif de tout le corps, pour se terminer par un reniflement prolongé de la région péri-anale dont l’odeur va préciser dans l’esprit de chacun s’il a vraiment affaire à un animal de la même espèce et de quel sexe il s’agit.

salut du chien

Cette reconnaissance se termine généralement par la poursuite de sa route pour chaque sujet. Très souvent une partie de jeux suit la rencontre surtout si les animaux sont jeunes. Quelquefois ces saluts se terminent par des combats, souvent meurtriers.

Sachez toutefois que s’il s’agit d’une rencontre entre un mâle et une femelle, le salut ne se termine généralement pas par un combat, mais par des jeux..

Le combat des chiens:

il peut succéder à un salut qui tourne mal; l’un et l’autre veulent se dominer pour conquérir un territoire ou une femelle.

Leurs poils se hérissent, ils se menacent en grognant et en découvrant leurs dents. Les deux chiens, s’ils acceptent le combat, se précipitent l’un vers l’autre et tentent de se mordre, principalement au niveau de la gorge et de la nuque. En général, ce combat se termine rapidement par la fuite de l’un des combattants ou par la soumission du vaincu qui tourne la tête sur le côté et vers le bas en découvrant sa nuque. Il se tient alors dans l’attente du coup final qui ne vient jamais. Le vainqueur se considérant alors certainement comme chef de meute, s’éloigne non sans surveiller du coin de l’œil l’éventuel vaincu qui ne doit pas bouger pendant quelques instants s’il ne veut pas que le combat reprenne. Il a été démontré que les combats étaient, en général, des jeux qui tournaient mal. Ils ne sont pas destinés, semble-t-il, à la destruction des sujets moins aptes et moins forts, mais à l’établissement d’une hiérarchie comme celle qui peut se rencontrer dans une meute. Cependant, un combat de chiens n’est pas obligatoirement destiné à l’établissement de cette hiérarchie; il peut être la conséquence d’une rancune: si une chienne préfère un mâle plutôt qu’un autre, par exemple. En outre, certains chiens, d’un naturel sociable, deviennent agressifs à l’égard de leurs congénères lorsqu’ils sont en laisse, soit qu’ils sachent qu’à cause de la laisse aucune fuite n’est possible, soit qu’ils veuillent démontrer à leur conducteur qu’ils sont capables de courage.

L’introduction d’un nouveau chien :

si vous possédez déjà un chien, l’introduction d’un nouveau chien va poser des problèmes. Ils seront facilement résolus s’il s’agit de deux chiens d’âge différent. La hiérarchie étant créée d’emblée par la différence d’âge, le plus âgé se sentant le premier respectera les jeux du second s’il se sent lui-même respecté et admis comme le chef de meute. Le plus vieux chien aura même tendance à rajeunir mentalement et physiquement pour atténuer une comparaison possible. Si les deux chiens ont un âge peu différent, vous devrez faire preuve d’une autorité et d’une attention sans défaillance. Si les deux chiens ne peuvent s’entendre malgré votre fermeté et s’ils sont d’une force musculaire égale, la possibilité d’entente entre eux est faible.

Dans tous les cas, la punition devra intéresser le plus agressif, mais elle ne devra pas ignorer l’autre chien dont l’attitude risquerait de devenir insultante s’il se sent par trop protégé.

D’une manière générale, la propension aux combats et à l’agressivité à l’égard de son semblable est plus le fait des chiens de garde que des chiens de chasse.

Le chien et la chienne.

Il s’agit des couples de chien bien que les chiens ne soient pas naturellement et nécessairement des carnivores vivant par couples, comme les chats ou les lions par exemple.

Mise à part l’impulsion sexuelle qui n’intervient chez la chienne, et nécessairement chez le mâle, que deux fois par an, un chien et une chienne peuvent former un couple très unis, l’un défendant l’autre en cas d’attaque; toutefois, corrélativement, il a souvent été remarqué des cas d’impuissance du mâle dans des couples de chiens très unis.

Pour certains mâles les saisons de rut des femelles sont souvent des périodes de crises psychologiques impulsives qui peuvent se terminer par de véritables crises physiologiques (congestion rénale, anurie, inappétence complète). Le chien sollicité par les odeurs des femelles, fussent-elles éloignées, devient agressif, bruyant, plaintif. Il perd souvent l’appétit. Des médications tranquillisantes et psycho-sédatives sont souvent nécessaires.

De toute manière, l’instinct sexuel chez les chiens est l’objet d’infinies variations qui peuvent aller de l’hypo- sexualité à l’hyper-sexualité, de l’homosexualité à l’onanisme.

Chez certains chiens, à tendances hypersexuelles, l’habitude de la fugue apparaît souvent au moment de la puberté et de l’âge adulte, entre 7 mois et 2 ans, par exemple. Si cette habitude est corrigible dès le début, elle doit toujours l’être avec douceur pour éviter un traumatisme psychologique grave et un abandon de son maître par le chien. Si elle n’est pas corrigée précocement, il n’y a plus d’espoir de remettre le chien dans le droit chemin, bien qu’il considère toujours la maison de son maître comme la sienne. Cette tendance à la fugue est fréquente chez certaines races de terriers, de chiens de chasse ainsi que chez les corniauds.

Chez la chienne, l’apparition des chaleurs perturbe parfois le caractère. La femelle devient plus irritable, mais fréquemment aussi, plus douce et plus tendre. Si les mâles s’approchent d’elle avant qu’elle ne soit hormonalement et psychologiquement prête, elle se montre agressive envers eux. Il n’est pas rare de voir certaines chiennes de race refuser un mâle de leur race et rechercher un autre sujet, corniaud par exemple, avec assiduité.

La chienne et la chienne.

L’entente est plus facile entre deux femelles qu’entre deux mâles. Le plus souvent deux chiennes mises en présence l’une de l’autre s’ignorent. Elles ne s’adonneront au combat que si elles ont des raisons d’être jalouses ou si elles sont par nature très agressives.